Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/287

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


FLORENCE. — Je ne vous ai conseillé qu’une chose, c’est d’agir dans la donnée de votre caractère et dans la tendance de vos sentiments.

GÉRARD. — Je vous dois aussi de la reconnaissance pour m’avoir délivré de cette malheureuse…

FLORENCE. — Ah ! ne parlons pas d’elle, je vous prie !





SCÈNE IX


Dans le village


UN GROUPE D’ENFANTS de huit à dix ans.


FANCHETTE. — Non je ne veux plus jouer à la marelle ; vous faites trop de poussière, et je veux garder ma coiffe blanche pour la noce de la Maniche.

CADET. — Tu y vas donc, toi, aux noces ?

FANCHETTE. — Dame !

SYLVINET. — Et moi itout, j’y vas, parce que je sais danser.

FANCHETTE. — Ah bien, nous danserons tous deux.

PIERROT. — J’irai aussi, moi, pour manger de la galette.

FANCHETTE. — Si tu n’es pas prié ?

PIERROT. — Ça m’est bien égal, j’irai tout de même.

FANCHETTE. — Toi, tu n’iras pas seulement à la tienne, de noce ! Tu n’es pas assez sage.

PIERROT. — Si fait, je veux y aller, à ma noce !

CADET. — À quoi ça sert de se marier ? C’est des bêtises !

SYLVINET. — Eh bien, tu ne veux pas te marier, toi ? Tu veux être soldat, peut-être bien !

CADET. — Oui, je veux être pompier, comme mon parrain, monsieur Maurice. Il m’a promis que je serais pompier.

PIERROT. — Moi, je veux me marier, ça me fait peur, la pompe. Veux-tu nous marier tous deux Fanchette ?