Page:Sand - Le Diable aux champs.djvu/288

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FANCHETTE. — Oui, si tu veux te moucher.

SYLVINET. — Ah ! le v’là qui se mouche ! Faisons la noce !

FANCHETTE. — Allons, Pierrot, mon petit homme, fais-moi danser.

PIERROT. — Puisque je ne sais pas !

CADET. — Faut apprendre.

PIERROT. — Non, ça m’ennuie.

SYLVINET. — Eh bien, Fanchette, dansons à trois.

PIERROT. — Si elle danse, je lui flanque une pierre !

FANCHETTE. — Oh ! le vilain méchant ! je me démarie d’avec toi.

PIERROT. — Je ne veux pas. Je te flanque une pierre !

CADET. — Viens-y, mon gars ! je prends mon sabot !

PIERROT. — Et moi une pierre !

FANCHETTE. — Fouaillez-moi ce malicieux, bien fort.

SYLVINET. — Non, il me ferait du mal !

CADET. — Moi, je vas le taper, Fanchette… Veux-tu te marier avec moi ?

FANCHETTE. — Oui ! Le v’là qui me jette des pierres !

CADET. — Attends ! attends !

FANCHETTE. — Le v’là qui se sauve, laisse-le, va ! Tiens, le v’là qui pleure ! Est-il bête !

SYLVINET. — Allons, Pierrot, faut pas pleurer, c’est des bêtises ; et faut pas se marier, c’est des batailles.




SCÈNE X


À la maison blanche


MAURICE, JACQUES, RALPH.


MAURICE. — Oui, oui, monsieur Brown, tout ce qui est ici et au prieuré est à la disposition de votre famille, et si vous voulez me faire bien plaisir, vous ne me parlerez par d’argent. Vous disposerez de ma baraque comme si elle était à vous et pour tout le temps que vous voudrez. Je suis bien