Page:Sand - Le compagnon du tour de France, tome 1.djvu/186

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tre Charbonnerie, où personne ne se tient, où personne ne se connaît, et où personne ne s’entend.

L’avocat. — Bonsoir, Achille. C’est égal, nous sommes dans le bon chemin, nous deux. Nous avons pour nous tous les hommes de talent, Manuel, Foy, Kératry, d’Argenson, Sébastiani, Benjamin Constant, et le vieux patriarche au cheval blanc. Hein ? le père La Fayette ? Voilà un homme !

Achille. — Bonsoir, vous autres. Je ne m’inquiète guère de toutes vos boutades. (À l’avocat.) Bonsoir, mon petit Mirabeau en herbe ! Nous verrons encore du pays avant de mourir, sois tranquille !

L’avocat, à Achille. — Bonsoir, mon Barnave !

Le médecin, à Achille. — Bonsoir, mon Père-Duchêne !

Achille. — Comme vous voudrez ! L’un ou l’autre, selon l’occasion, pourvu que je serve la France.

Le capitaine, entre ses dents. — Une bonne mitraillade sur tous ces bavards-là !…


CHAPITRE XVI.


L’instruction dirigée contre les fauteurs de la terrible querelle survenue entre les Gavots et les Dévorants eut pour résultat de disculper entièrement les premiers, et de les mettre hors d’accusation. Pierre et Romanet, appelés comme témoins principaux, se distinguèrent par leur courage, leur franchise et leur fermeté. La belle figure, l’air distingué et le langage simple et choisi de Pierre Huguenin attirèrent sur lui l’attention des libéraux de la ville, qui assistaient avec leurs journalistes à la séance du tribunal. Mais il ne fut point l’objet de nouvelles avances, car il partit aussitôt qu’il ne se vit plus nécessaire.

Que faisait et à quoi songeait le père Huguenin pendant