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PROCOPE LE GRAND.

brûlé Culmbach, Bareith, forcé l’évêque de Bamberg à racheter sa ville pour neuf mille ducats d’or, arraché les mêmes actes de capitulation à l’électeur de Brandebourg, au duc de Bavière, au marquis d’Anspach, à l’évêque de Salzbourg, etc., ils exigèrent dix mille ducats d’or de Nuremberg pour l’épargner, et rentrèrent en Bohême au milieu de l’hiver. On compte « plus de cent places, tant forts que villes, qui furent détruits dans cette expédition. »

1429 et 1430 virent mourir deux des héros de cette histoire : le premier fut Jacobel ou Jacques de Mise, l’ami de Jean Huss et le principal instigateur de la révolution de Bohême, homme éminent sous tous les rapports, et théologien redoutable à l’église romaine. Le second fut le cardinal évêque d’Olmutz, ce Jean de Prague ou Jean de Fer, prélat aux inclinations martiales, au courage de lion, mais dont la vaillante épée ne put servir la cause de Rome en proportion du mal que lui firent les écrits et les prédications de son compatriote Jacobel.

L’Empereur, épouvanté des progrès des Hussites, se rendit à Nuremberg, et y convoqua une diète qui dura huit mois. Presque tous les prélats et princes de l’Empire s’y rendirent, et il fut résolu une nouvelle expédition, que les historiens comptent pour la sixième, bien qu’elle soit effectivement la septième contre les Bohémiens. Le pape y envoya son légat pour prêcher en personne la croisade. La bulle de Martin contenait ces chefs principaux : « On accorde cent jours d’indulgences à ceux qui assisteront aux prédications du légat. — Indulgence plénière tant à ceux qui se croiseront et qui iront à la sainte guerre, soit qu’ils y arrivent heureusement, soit qu’ils meurent en chemin, qu’à ceux qui, n’étant pas en état d’y aller eux-mêmes, y enverront à leurs dépens ou aux dépens d’autrui. — On remet soixante