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DU TOUR DE FRANCE.

l’époque où nous le retrouvons s’occupant de littérature et de menuiserie. Il était le soixante-troisième député qui, le 4 mars de la même année, s’était levé de son banc, en costume, pour quitter la Chambre au moment où Manuel avait été empoigné, selon l’expression et d’après l’ordre de M. le vicomte de Foucault. Il avait signé la protestation déposée le 5 mars sur le bureau de la Chambre. C’est dire assez quelle était la marche politique qu’il suivait ostensiblement ; mais ce n’est pas dire quelles étaient au fond ses doctrines, ni même quel était le parti occulte dont il plaidait la cause sous la forme vague et très-élastique du constitutionalisme. Parmi les hommes parlementaires qui prirent part à l’acte honorable que nous rappelions tout à l’heure, on compte les noms les plus éminents et les plus loués de la France au temps des Bourbons ; que ne pouvons-nous les louer également au temps où nous sommes ! Mais il y avait, dans le mouvement spontané qui les fit protester contre la marche illégale et violente du gouvernement de cette époque, cette diversité de causes que toute opposition politique rassemble sous sa bannière. Le côté gauche de la Chambre avait son langage avoué et officiel ; mais, au fond, ce langage cachait bien quelques mystères, et l’extrême gauche avait, dit-on, certains rapports avec la société du Carbonarisme, dont le procureur général Bellart disait : « D’accord sur ce premier point, détruire ce qui est, les ennemis du trône sont divisés entre eux sur tous les autres points, et sur ce qui sera. Napoléon II, un prince étranger, la république, et mille autres idées tout aussi absurdes et tout aussi contradictoires, en divisant nos régulateurs sur les destinées qu’ils nous réservent, suffisent pour apprendre, non pas seulement aux hommes fidèles, mais aux hommes de bon sens, le rare bonheur qui sortirait pour la France de ce premier déchirement, fatal prélude