Page:Sand - Narcisse, 1884.djvu/36

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dans ma retraite, je retournai à la palissade et fouillai le feuillage, à l’endroit où je l’avais vu fureter. Je n’eus pas de peine à y trouver un papier plié et chiffonné qui pouvait, à la rigueur, paraître apporté là par le vent. À mon tour, j’enflammai une allumette. Ce billet n’était pas cacheté et ne portait aucune adresse. Il contenait ce peu de mots :

« Demain jeudi, à six heures du matin, ici. Y viendrez-vous ?

 » Votre dévoué,
 » Fra Diavolo. »

J’attendis, en me cachant dans le massif, pour voir si quelqu’un du dehors viendrait prendre le billet. Je l’avais replacé au même endroit où il avait été déposé. Au bout d’un quart d’heure, personne n’ayant paru, je me dis qu’après tout ce n’étaient pas là mes affaires. J’allai travailler une heure. Vers minuit, avant de me retirer, j’allai regarder encore : le billet n’y était plus. Je n’avais pas entendu le moindre bruit. Il est vrai qu’absorbé par mon travail, je n’avais pas eu l’oreille bien attentive.


II


Le lendemain, en déjeunant avec Narcisse, je lui racontai l’aventure. Il en fut beaucoup plus frappé que moi.