Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/23

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HENRI.

Et tu vois qu’il ne me dit rien ! Voyons donc s’il me saluera. (Il fait quelques pas vers le fond. La Hyonnais le regarde et ne bouge pas. — Avec ironie.) Monsieur, si vous êtes malade, ce courant d’air ne vaut rien : vous ne devriez pas rester devant cette porte. (La Hyonnais sourit, s’incline imperceptiblement et ne se dérange pas. — À Marie-Jeanne.) Sais-tu qu’il a l’air impertinent, ce monsieur ?


MARIE-JEANNE.

Dame ! vous aussi, je trouve.


HENRI.

Il semble me braver, et je sais que son nom est odieux à mon père… Des haines politiques de province… Ça, ça m’est égal… mais j’ai envie de profiter de l’occasion pour lui dire que sa figure… C’est dommage qu’elle ne me déplaise pas.




Scène VI


Les Mêmes, LE DOCTEUR.




LE DOCTEUR, à Marie-Jeanne, qui a été au-devant de lui, et qui lui annonce la Hyonnais.

Bien, bien ! (À la Hyonnais.) Pardon, monsieur, je suis en retard ; c’est la coutume de Berry ! (Il se débarrasse de son chapeau, de sa canne et de divers papiers.) Je suis à vous. (À Henri.) Ah ! te voilà, mon enfant ! bonjour, (Il lui serre la main. — À Marie-Jeanne.) Et ma fille ?


HENRI, montrant le cabinet.

Elle est là qui range vos livres ; mais ce dragon de Marie-Jeanne m’empêche de lui dire bonjour !


LE DOCTEUR.

Moi, je te le permets ; n’êtes-vous pas frère et sœur ? D’ailleurs, notre fille est majeure, et c’est par habitude que sa vieille bonne la garde comme une petite pensionnaire.