Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/33

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HENRI.

Renvoie-la bien vite !


FRANÇOISE.

Le plus tôt possible.

Henri sort après lui avoir baisé la main ; Françoise le suit des yeux et tressaille comme au sortir d’un rêve quand Cléonice entre par la porte de gauche.




Scène XI


CLÉONICE, FRANÇOISE.




CLÉONICE, très-élégante, trop pour une demoiselle.

Enfin ! me voilà ! Embrassons-nous donc, ma bonne amie !


FRANÇOISE, l’embrassant au front.

Je ne vous demande pas de vos nouvelles, vous nous revenez si jolie et si pimpante…


CLÉONICE.

Eh bien, et vous ? On a beau faire, on n’a l’air de rien du tout auprès de vous. Vous êtes mise à ravir dans votre simplicité. Comment faites-vous pour ne jamais avoir l’air d’une provinciale ?


FRANÇOISE.

J’ai un peu de goût, apparemment. Comment va madame votre mère ?

Elle lui montre un siège à droite, elles s’asseyent.

CLÉONICE.

Très-bien ; elle a été rendre visité à un tas de femmes d’avoués. Elle voulait m’y traîner. Ah bien, oui !


FRANÇOISE.

Vous êtes donc toujours une méchante espiègle ? toujours en révolte ?


CLÉONICE.

Contre maman ? Oh ! ce n’est rien. Je suis bien plus méchante avec papa. Au moins, si maman est bavarde, elle est gaie, vivante ! au lieu que papa… papa, voyez-vous, ma chère, c’est la plainte faite homme, c’est le grognement, c’est