Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/34

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l’ennemi… Enfin… papa, c’est la pluie, je ne peux pas mieux dire.


FRANÇOISE.

Et pourtant ces détestables parents vous gâtent et vous adorent.


CLÉONICE.

Oui, en attendant qu’ils me sacrifient ; ah ! ciel ! quand des parvenus donnent dans le travers de la noblesse…


FRANÇOISE.

Comment ! vous continuez ?… Est-ce que vous devenez mauvaise, chère enfant ? Prenez garde de n’être plus drôle.


CLÉONICE.

Non, ma chère amie, je deviens chagrine. Figurez-vous que la manie de maman est de faire de moi une femme de qualité. Il faut que j’épouse un titre, un sot, parce qu’il est comte ou baron, ou un borgne, parce qu’il est ou duc ou prince… en Espagne !


FRANÇOISE.

Le duc de Belver, peut-être ?


CLÉONICE.

Précisément, avec son œil de porcelaine !


FRANÇOISE.

C’est encore le meilleur de ses yeux, l’autre est si méchant !


CLÉONICE.

Heureusement, mon père ne le protège pas, cet hidalgo ! mais si j’écoutais maman… (Se levant.) Est-ce que vous ne pourriez pas me trouver un mari qui aurait une espèce de blason et une espèce de figure humaine ? Mais non : vous ne voyez presque personne, vous ; vous devez bien vous ennuyer !


FRANÇOISE.

Mais non ! je suis gaie. Est-ce que j’ai l’air d’une élégie ?

Elle se lève.

CLÉONICE.

Ah bah ! vous êtes raisonnable ; c’est effrayant comme vous