Page:Sand - Theatre complet 4.djvu/71

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DUBUISSON.

Ça ne t’a point passé, à toi, ma mie Louison !… Il s’assied sur le divan.


MADAME DUBUISSON.

Je ne fais rien sans ton consentement…


DUBUISSON.

Consentement n’est pas toujours contentement…


MADAME DUBUISSON.

Plains-toi donc ! Nous nous entendons toujours ! Toi, tu veux la terre de Luzy, c’est ta monomamie ! moi, je veux un gendre titré, il me le faut, ou j’en ferai une maladie mortelle ! Et puis il faut marier Cléonice. D’une part, elle a un petit sentiment pour son cousin Jules ; de l’autre, nous l’avons refusée au duc de Belver, ça nous fera un ennemi dans la haute société.


DUBUISSON.

Eh ! je me moque bien du duc et du cousin, moi ! j’ai envoyé Jules à Paris.


MADAME DUBUISSON.

Mais, avant de partir, il a fait amitié, je ne sais pas comment, avec le duc : un bavard avec un méchant ! Ils ont mis leurs rancunes dans le même sac, et je crains qu’ils ne fassent des propos. Le duc déteste M. Henri !… Il va justement le voir chez nous.


DUBUISSON.

Tu l’as donc invité, le duc ?


MADAME DUBUISSON.

Il fallait bien !


DUBUISSON.

Dis donc, Louison, c’est drôle tout de même, un duc et un comte autour de notre fille !


MADAME DUBUISSON.

Et nos toilettes, et nos chiffons, qui t’ont fait geindre toute la semaine ! Tu crois que ça ne fait pas damner les grandes dames de nous voir attifées comme ça ?