Page:Saussure - Cours de linguistique générale, éd. Bally et Sechehaye, 1971.djvu/71

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On obtient ainsi le schéma des variations possibles :

I II III IV
a Expiration Expiration Expiration Expiration
b Art. bucc. Art. bucc. Art. bucc. Art. bucc.
c [ ] [ ]
d [ ] [ ] ..... .....

La colonne I désigne les sons sourds. II les sons sonores, III les sons sourds nasalisés, IV les sons sonores nasalisés.

Mais une inconnue subsiste : la nature de l’articulation buccale ; il importe donc d’en déterminer les variétés possibles.

§ 3.

Classification des sons d’après leur articulation buccale.

On classe généralement les sons d’après le lieu de leur articulation. Notre point de départ sera différent. Quelle que soit la place de l’articulation, elle présente toujours une certaine aperture, c’est-à-dire un certain degré d’ouverture entre deux limites extrêmes qui sont : l’occlusion complète et l’ouverture maximale. Sur cette base, et en allant de l’aperture minimale à l’aperture maximale, les sons seront classés en sept catégories désignées par les chiffres 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6. C’est seulement à l’intérieur de chacune d’elles que nous répartirons les phonèmes en divers types d’après le lieu de leur articulation propre.

Nous nous conformerons à la terminologie courante, bien qu’elle soit imparfaite ou incorrecte sur plusieurs points : des termes tels que gutturales, palatales, dentales, liquides, etc. sont tous plus ou moins illogiques. Il serait plus rationnel de diviser le palais en un certain nombre d’aires ; de la sorte, et en tenant compte de l’articulation linguale, on pourrait toujours dire vis-à-vis de quel point se trouve