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118 LE GOUNA. — LA VRIDDHI.

ment comment l'a^ du «gouna» devient a^ ^ absolument comme tous les autres a^. Au paragraphe 7 nous sommes constamment partis du degré à diphtongue, et nous n'avons pas éprouvé une seule fois qu'en procédant de la sorte on se heurtât à quelque difficulté.

3. L'absence de racines en iw, un; im, um ; ir, ur (les dernières, quand elles existent, sont toujours d'anciennes racines en ar faciles à reconnaître) est un fait si frappant qu'avant de connaître la nasale sonante de M. Brugmann il nous semblait déjà qu'il créât entre les rôles de i, u, et de n, m, r, une remarquable similitude. En effet cela suffirait à établir que la fonction de a et la fonction de i ou u sont totalement dififérentes. Si i, u étaient, au même titre que a, voyelles fondamentales de leurs racines, on ne comprendrait pas pourquoi celles-ci ne finissent jamais par des phonèmes qui, à la suite de a, sont fort communs. Dans notre conception, cela s'explique simplement par le fait que a ne prend qu'un seul coefficient sonantique après lui.

En vertu du même principe, il n'existe point de racine conte- nant le groupe : i, u -\- nasale {ou liquidé) -f- consonne. Quand on parle par exemple d'une racine sanskrite sine, c'est par abus: il est facile de s'assurer, en formant le parfait ou le futur, que la nasale n'est point radicale. Au contraire dans handh la nasale est radicale, et elle persistera au parfait.

Dans l'échange de la diphtongue et de la voyelle, il n'y a donc pas à chercher avec Schleicher de renforcement dynamique ou avec Benfey et Grein de renforcement mécanique; il n'y a qu'un afiaiblissement, et c'est lorsque la diphtongue cesse d'exister qu'un phénomène se produit.

Quant à la vriddhi qui, d'après ce qui précède, ne peut plus être mise, même de loin, en parallèle avec le «gouna», nous n'en avons trouvé aucune explication satisfaisante. Il y en a évidem- ment deux espèces: celle qui sert à la dérivation secondaire, — vriddhi dynamique ou psychologique, si on veut lui donner ce nom — et celle qu'on trouve dans quelques formes primaires comme yaû-mi, â-gai-sam où on ne peut lui supposer qu'une cause mécanique (v. plus bas). La vriddhi de la première espèce est indo- iranienne; on en a signalé des traces douteuses dans l'indo-européen. La vriddhi de la seconde espèce paraît être née plus tard.

1. Nous ne voulons point dire par là que a, soit une gradation.

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