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113 BALANCE DU COMMERCE

En 1860. il devint le rédacteur en chef de agissent trop à la légère, qu’ils ne réfléchis-

Bagettot pensait que les peuples modernes s. Conclusion. I. 8

En 1860, il devint le rédacteur en chef de l’Économist, qu’il dirigea jusqu’à sa mort. Son autorité en matière de banque et de finance était reconnue de tous et les chanceliers de l’Échiquier s’adressaient à lui dans les époques critiques.

Il a décrit l’organisation du marché financier de Londres dans son livre sur Lombard Street (1873). C’est une étude des plus intéressantes. Bagehot rend compte du marché monétaire d’une façon compréhensible aux esprits les moins initiés aux problèmes financiers et en même temps son exactitude et sa sagacité indiquer les transformations subies par le marché anglais ont été reconnues par les hommes le mieux en état de juger. Lombard Street a eu sept éditions.

Le livre de Bagehot sur la Constitution anglaise a eu un succès encore plus retentissant. Il a été traduit en plusieurs langues. Il est devenu classique à Oxford et il a été adopté par plus d’une université américaine. Dans cet ouvrage, Bagehot s’écarte de la théorie acceptée jusqu’à lui sur la balance des pouvoirs. D’après lui, le centre du pouvoir en Angleterre est placé dans la Chambre des communes ; cette assemblée est plus puissante que les assemblées délibérantes dans les autres pays libres.

Dans Physics and Politics, Bagehot s’efforce d’appliquer le principe de Darwin sur la sélectionnaturelle, aux sociétés politiques.C’est peut-être le plus original de ses écrits, mais c’est celui où il cède le plus à son penchant pour le paradoxe et où son scepticisme se découvre le plus. Il reprend la thèse qu’il avait développée, en 1851, dans des Lettres écrites de Paris à un journal anglais et où il prenait la défense du coup d’État avec une ardeur qui choqua ses amis libéraux. Il soutenait que la stupidité est une condition essentielle de la liberté politique et que les Français sont trop intelligents pour être libres. La seule sécurité que le peuple fît son devoir, c’est qu’il n’eût pas l’idée qu’il pouvait ne pas le faire ; la seule garantie de stabilité politique, c’est qu’il fût incapable de comprendre un autre état social que celui auquel il était habitué. C’est l’opinion que l’on retrouve dans Physics and Politics, écrits vingt ans après les Lettres sur le coup d’État. Le succès pour un peuple dépend de l’habitude de tous les citoyens d’agir de concert. Le manque d’originalité des masses en Angleterre amène cet esprit d’accord, et par là, dans ses résultats, il est bien supérieur à la divergence d’opinions qui se manifeste en France et qui rend si difficile pour les Français de savoir ce qu’ils veulent réellement. Bagehot pensait que les peuples modernes

agissent trop à la légère, qu’ils ne réfléchissent pas assez aux conséquences de leurs actions. Le temps des nations pressées d’agir était passé. L’avenir était aux nations hésitantes et lentes à délibérer. Il reconnaissait toutefois que l’on pouvait aller trop loin dans cette voie et que la Chine donnait l’exemple d’une civilisation arrêtée. Mais là n’était pas le danger pour les nations européennes et il prêchait une politique d’abstention. Il citait avec éloge le passé constitutionnel de sa ville natale de Langport. Du temps d’Edouard Ier, les citoyens de Langport envoyaient un représentant à la Chambre des communes. Ils pé-. titionnèrent pour être délivrés de cette charge. A cette époque, en effet, les députés étaient payés par leurs électeurs, et les habitants de Langport trouvaient cette dépense inutile. Cette modération, ou plutôt cette indifférence aux prétentions patriotiques plaisait à Bagehot, qui vantait cet acte comme un trait de vraie sagesse politique.

C’est à Langport que Bagehot mourut le 24 mars 1877.

Après sa mort, on publia en volume ses articles sur la Dépréciation de l’argent. On réunit ses articles littéraires sous le titre de Literary Studies. En 1880, on publia ses Economic Studies.

SOPHIE RAFFALOVICH.

BAIL. V. Tenures.

BAILLY (Antoine), administrateur français, né à Paris le 20 novembre 1780, mort le 30 janvier 1846. Entré de bonne heure dans les finances, il y était devenu inspecteur général, chargé plusieurs fois d’importantes missions qu’il avait complétées par de sérieuses études et par un assez long séjour en Angleterre c’est ainsi qu’on lui doit les ouvrages les plus completspour l’époque à laquelle ils ontété publiés sur les finances de la France et surtout de l’Angleterre, remplis de recherches et de documents précieux. Ils ont pour titres Histoire financière de la France depuis l’origine de la monarchie jusqu’à la fin de 1786 2 vol. in-8 Paris, 1830. Exposé de l’administration générale des finances du royaume-uni de la GrandeBretagne et de l’Irlande, 2 vol. in-8 ; Paris, 1837. BALANCE DU COMMERCE.

SOMMAIRE

1. Définition.

2. Fausseté de la théorie du système mercantile. Les évaluations de la douane ; causes d’erreurs.

3. Valeurs qui échappent au contrôle de la douane.

4. De la rentrée du numéraire. Exemple de la France après 1870.

5. Conclusion.


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