Page:Say - Chailley - Nouveau dictionnaire d’économie politique, tome 2.djvu/200

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dont nous souffrons, c’est l’abolition de la propriété individuelle pour la remplacer par la communauté des biens. C’est en pratiquant ce régime que nous pourrons revenir aux lois de la nature.

Pour en arriver là, il faut que « les lois rétrécissent de plus en plus les limites de la propriété » ; que les transmissions, les mutations de propriété soient rendues très difficiles, que l’on supprime la liberté de tester. Il faut qu’après la ruine du crédit public le commerce soit sévèrement interdit, s’il a pu résister ; quant à l’industrie, « elle succombera faute d’aliments.... L’État s’appropriera alors tous les biens dont il fera une juste répartition entre tous ; pour empêcher la renaissance des inégalités, une éducation identique sera donnée à tous ; les musées, bibliothèques, théâtres seront fermés. Les sciences seront détruites. Une religion unique sera adoptée pour tous les citoyens et défense leur sera faite de la critiquer, de la discuter. L’État doit être intolérant. » Certes, avec un pareil régime, bien peu d’hommes survivront, mais « il vaut mieux ne compter qu’un million d’hommes heureux sur la terre entière, que d’y voir cette multitude innombrable de misérables, d’esclaves qui ne vit qu’à moitié dans l’abrutissement et dans la misère ».

Telles sont les idées économiques deMably. Reprises plus tard avec plus d’éclat, elles ont constitué la doctrine socialiste. Les objections qu’on pourrait leur faire sont celles que l’on formule contre le socialisme (voy. ce motj.

’E. Vidal-Naquet.

Bibliographie.

Abbé BmzAHD, Œuvres de Mably , précédées d’un éloge de Mably, formant iS vol. în-8» (Paris, 1794-1795). — Lkvesqoe, Eloge de Mably. — Lodis IÎAitrHÉLEMY, Vie privée de Mably (1791). — Revue indépendante, année 1848, artiele de M. C. Pecqueur (1848). — G. Rochëry, Théories sociales et politiques de Mably (1848). — àd. Franck, Notice critique et historique sur Mably {Comptes rendus de VAcad. des se. mor. et polît., 1840).

MACANAZ (don Melchior de), né vers la fin du xvn e siècle à Hellin (Murcie) d’une famille noble, se destina d’abord au barreau, puis fut nommé intendant général de l’Aragon, enfin appelé à Madrid par Philippe V (d’Anjou) pour traiter, avec le nonce du pape à Paris, des abus introduits par la curie romaine dans les expéditions des bénéfices, des dispenses et requêtes qui privaient le fisc royal d’un immense revenu.

Don Melchior de Macanaz ayant pris l’affaire en mains, défendit avec âpre té les intérêts lésés <Io la couronne, et ses remontrances à la curie romaine ayant excité la MAC CULLOCH

colère de l’Église espagnole, il dut s’enfuir en France. A Paris, reçu et apprécié par Louis XIV, il contribua à la paix d’Utrecht et crut, après ce service, pouvoir rentrer librement dans sa patrie ; mais saisi et emprisonné à Ségovie, il y resta jusqu’à l’avènement de Charles III. Il reparut alors pour quelques instants sur la scène politique. La liste de ses œuvres, qui occupe dans le Semanario erudito de don Antonio de Valladares de Sotomayor plus de dix pages, indique chez l’auteur une érudition rare en toutes matières ; par malheur, beaucoup de ces ouvrages sont encore inédits ; quant à son œuvre économique, elle est de médiocre importance, et don Melchior de Macanaz n’eût pas été classé parmi les économistes sans l’importance historique qui s’attache à nom.

Partisan du système de Colbert, il contribua de toutes ses forces à empêcher qu’on ne sortît de l’Espagne aucun métal précieux. Il déplore la quantité de couvents qui couvrent l’Espagne, sans que néanmoins ni l’énorme richesse du clergé ni son agglomération lui inspirent d’autres réflexions que celle de déplorer les effet du célibat et l’immobilisation de leurs biens.

Il faut citer parmi ses ouvrages : Auxilios para bien gobernar una monarquia catolica, à documentos que dicta la experiencia y aprueba la razon, para que el monarca merezea justamente el nombre de grande, obra que escribia y remitia desde Pans al Bey N. S. don Felipe V. Publié à Madrid en 1789 (Secours pour bien gouverner une monarchie catholique, et documents que dicte l’expérience, etc., Madrid, 1789).

Avisos politicos, maximas prudentes y remedios universales que dicta la experiencia y remite al Sr. don Felipe el Y en el principio de su reinado para que su practica restablezca la des eadencia de la monarquia de los inumerablemales que padece (Avis politiques, maximes prudentes et remèdes universels que dicte l’expérience, présentés au roi Philippe V au début de son règne, etc., etc.), Representacîon al Sr. Rey don Felipe expresando los notorios maies que causa la despoblacion de Espana y otros danos surnamente alendîbles y dignos de reparo (Représentation au roi Philippe V sur les notables maux que cause le dépeuplement, etc.).

MAC CULLOCH (John-Ramsay), né à Whitehorn (Ecosse) le 1 er mars 1789, mort à Londres le 11 novembre 1864. Il débuta comme écrivain dans le Scotchman, qu’il dirigea même deux ans, puis traita dans