Page:Schoebel - Le Mythe de la femme et du serpent.djvu/55

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sous cette forme pénétrer le Saint-Esprit dans les flancs de la Vierge, n’ont pas réussi, quoique préconisées par le clergé, à la rendre sainte[1].

Maintenant, avant d’aborder de près l’interprétation de notre légende, il faut dire que nous ne sommes pas les premiers à voir un mythe ithyphallique dans l’apologue de la chute biblique. Les talmudistes et certaines académies, comme dit Rabelais[2], nous ont devancé, et les explications du fameux contemporain du plus fameux Paracelse, je veux dire Agrippa de Cologne, sont à cet égard des plus catégoriques[3]. Mais ce qu’on n’a pas fait, je crois, c’est d’avoir étudié comparativement toutes les parties du récit biblique, de manière à en tirer le mot du problème moral qu’il couvre évidemment et que nous avons indiqué déjà par le titre de notre travail.


CHAPITRE IV


Le récit du paradis est une mise en scène figurative de la personne de l’homme et de son éveil à la vie physique

  1. Le traducteur français a supprimé ce détail, mais Cl. Brentano a tout écrit et tout imprimé.
  2. Pantagruel, IV, 38.
  3. Il dit, dans son traité De originali peccato : Hunc serpentem non alium arbitramur, quam sensibilem carnalemque affectum, imo quem recte dixerimus, ipsum carnalis concupiscentiæ genitale viri membrum, membrum reptile, membrum serpens, membrum lubricum, variisque anfractibus tortuosum, quod Evam tentavit atque decepit. Cf. Gottlob Regis, Remarques (II, p. 674), qui accompagnent son excellente traduction de Rabelais.