Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/149

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Chaque animal, et spécialement l’homme, a besoin, pour pouvoir exister et prospérer dans le monde, d’une certaine conformité et proportion entre sa volonté et son intellect. Plus la nature les aura établies d’une façon exacte et juste, plus sa course à travers le monde sera légère, assurée, agréable. En attendant, un simple rapprochement vers le point exact suffit déjà à le protéger contre la destruction. Il y a, par conséquent, une certaine latitude entre les limites de l’exactitude et de la proportion dudit rapport. La norme valable est la suivante : l’intellect ayant.pour destination d’éclairer et de guider les pas de la volonté, plus l’impulsion intime d’une volonté sera violente, impétueuse et passionnée, plus l’intellect qui lui est adjoint sera accompli et clair. Il en est ainsi pour que la violence de la volonté et de l’effort, l’ardeur des passions, l’impétuosité des affects n’égarent pas l’homme, ou ne l’entraînent pas à des actions inconsidérées, mauvaises, périlleuses : ce qui résulterait infailliblement d’une volonté violente associée à un faible intellect. D’autre part, un caractère flegmatique, c’est-à-dire une volonté faible et molle, peut se tirer d’affaire avec un mince