Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Ce vers d’Ovide :

Pronaque cum spectent animalia cetera terram,

ne s’applique en réalité, au sens physique, qu’aux animaux ; mais, au sens figuré et intellectuel, il s’applique malheureusement aussi à la plupart des hommes. Toutes leurs Idées, pensées et aspirations sont tendues vers la jouissance et le bien-être matériels, ou vers l’intérêt personnel, dont la sphère renferme toutes sortes de choses qui ne tirent leur importance que de leurs rapports avec celui-ci ; ils ne s’élèvent pas plus haut. C’est ce que témoignent non seulement leur manière de vivre et leur conversation, mais leur seul aspect, leur physionomie et son expression, leur tournure, leurs gestes. Tout chez eux crie : in terram prona ! Ce n’est donc pas à eux, mais seulement aux natures nobles et bien douées, aux hommes qui pensent et s’interrogent véritablement, qui apparaissent comme des exceptions parmi leur race, que s’appliquent les vers suivants

Os homini sublime dedit, cœlumque tueri

Jussit, et erectos ad sidera tollere vultus.

Pourquoi le mot’’commun’’est-il une expression de mépris ? les mots’’non commun’’,’’extraordinaire’’,’’distingué’’, des expressions d’approbation ?