Page:Schopenhauer - Éthique, Droit et Politique, 1909, trad. Dietrich.djvu/55

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ego salvus sim, pereat mundus. Et, réellement, si tous les autres êtres périssaient, dans le seul être survivant subsisterait, intacte et non diminuée, toute l’essence en soi du monde, qui rirait de la destruction de ceux-là comme d’une jonglerie. C’est là, sans doute, une conclusion per impossibile, à laquelle on est tout aussi bien en droit d’opposer celle-ci : si un être, même le moindre, était complètement anéanti, le monde entier périrait en lui et avec lui. En ce sens, le mystique Angelus Silesius a dit :

Je sais que, sans moi, Dieu ne peut pas vivre un seul instant ; Si je suis anéanti, son esprit doit nécessairement disparaître. Mais pour pouvoir constater en quelque mesure, même au point de vue empirique, cette vérité, ou du moins la possibilité que notre propre « moi » soit à même d’exister dans d’autres êtres dont la conscience est séparée et distincte de la nôtre, nous n’avons qu’à