Page:Schwob - La Lampe de Psyché, 1906.djvu/65

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Mime xix. Akmé mourut, tandis que je pressais encore sa main sur mes lèvres, et les pleureuses nous entourèrent. Le froid se glissa dans ses membres inférieurs, et ils devinrent pâles et glacés. Puis il monta jusqu’à son cœur, qui cessa de palpiter, semblable à un oiseau sanglant qu’on trouve étendu, les pattes serrées contre son ventre, par un matin de gelée. Puis le froid parvint sur sa bouche qui fut comme de la pourpre sombre.

Et les pleureuses frottèrent son corps avec du baume de Syrie, et compassèrent ses pieds et ses mains, afin de la placer sur le bûcher. Et la flamme rousse s’élança vers elle comme une amante terrible des nuits d’été, pour la manger sous ses baisers noircissants.