Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/104

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MARCUS.

— Frère, c’est la nature qui t’invoque par ce nom.


QUINTUS.

— Père, c’est la nature aussi qui parle par ce nom.


TITUS.

— Ne parlez plus, si vous ne voulez pas tous qu’il vous arrive malheur.


MARCUS.

— Illustre Titus, toi qui es plus que la moitié de mon âme !


LUCIUS.

— Cher père, âme et substance de nous tous !


MARCUS.

— Permets que ton frère Marcus enterre — ici, dans le nid de la vertu, son noble neveu, — qui est mort dans l’honneur pour la cause de Laivinia. — Tu es un Romain, ne sois pas barbare. — Les Grecs, mieux avisés, ensevelirent Ajax — qui s’était suicidé ; et le sage fils de Laërte — plaida gracieusement pour ses funérailles. — Ne ferme pas l’entrée de ce lieu au jeune Mutius, — qui était ta joie.


TITUS.

Lève-toi, Marcus, lève-toi ! — Voici la plus affreuse journée que j’aie jamais vue ! — Être déshonoré par mes fils dans Rome ! — C’est bon, enterrez-le, et enterrez-moi après.

Ils mettent Mutius dans le tombeau.

LUCIUS.

— Repose ici, cher Mutius, avec tes parents, — jusqu’à ce que nous ornions ta tombe de trophées !

Tous s’agenouillent.

— Que nul ne verse de larmes sur le noble Mutius ; — il vit dans la gloire, celui qui est mort dans la cause de la vertu.

Tous sortent excepté Marcus et Titus.