Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/117

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— sont-ils comme autant de vipères qui se déroulent — pour faire quelque fatale exécution ? — Non, madame, ce ne sont pas là de voluptueux symptômes. — Le ressentiment est dans mon cœur, la mort est dans ma main, — le sang et la vengeance fermentent dans ma tête. — Écoute, Tamora, toi, l’impératrice de mon âme — qui n’a jamais espéré d’autre ciel que ta société, — voici le jour suprême pour Bassianus ; — sa Philomèle doit perdre la langue aujourd’hui ; — tes fils doivent mettre sa chasteté au pillage, — et laver leurs mains dans le sang de Bassianus… — Vois-tu cette lettre ? Prends-la, je te prie, — et remets au roi ce pli fatal. — Maintenant ne me questionne pas ; on nous a aperçus ; — voici venir une partie de notre butin tant souhaité. — Ils ne se doutent guère de la destruction de leur existence.


TAMORA.

— Ah ! mon cher More, plus cher pour moi que la vie même !


AARON.

— Plus un mot, grande impératrice. Bassianus arrive. — Cherche-lui noise ; et je vais quérir tes fils — pour soutenir ta querelle, quelle qu’elle soit.

Il sort.
Entrent Bassianus et Lavinia.

BASSIANUS.

— Qui trouvons-nous ici ? La royale impératrice de Rome, — séparée de sa brillante escorte ? — Ou bien est-ce Diane qui, assumant les traits de notre souveraine, — a abandonné ses bois sacrés, — pour voir la chasse dans cette forêt ?


TAMORA.

— Insolent contrôleur de nos plus intimes démarches ! — Si j’avais le pouvoir que, dit-on, avait Diane, — sur ton front seraient immédiatement plantées — des cornes, comme