Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/118

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sur celui d’Actéon ; et les limiers — courraient sus à tes membres métamorphosés, — intrus malappris que tu es !


LAVINIA.

— Avec votre permission, gentille impératrice, — on vous croit fort généreuse en fait de cornes ; — et sans doute votre More et vous, — vous vous étiez mis à l’écart pour tenter des expériences. — Que Jupiter préserve votre mari de ses chiens aujourd’hui ! — Ce serait dommage qu’ils le prissent pour un cerf !


BASSIANUS.

— Croyez-moi, madame, votre noir Cimmérien — donne à votre honneur le reflet de sa personne, — reflet impur, détesté, abominable. — Pourquoi êtes-vous éloignée de toute votre suite ? — Pourquoi êtes-vous descendue de votre beau destrier blanc comme la neige, — et errez-vous ainsi dans ce recoin obscur, — accompagnée de ce More barbare, — si un vilain désir ne vous y a pas conduite ?


LAVINIA.

— Et, étant ainsi interrompue dans vos ébats, — il est tout juste que vous taxiez mon noble seigneur — d’insolence.

À Bassianus.

Je vous en prie, partons d’ici, — et laissons-la jouir de son amour noir comme le corbeau. — Ce vallon est passablement commode pour la chose.


BASSIANUS.

— Le roi, mon frère, sera informé de ceci.


LAVINIA.

— Voilà assez longtemps que ces escapades le font remarquer. — Ce bon roi ! être si cruellement trompé !


TAMORA.

— Comment ai-je la patience d’endurer tout cela ?