Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/123

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— Puisse mon cœur ne pas connaître la vraie joie, — que tous les Andronicus ne soient exterminés ! — Je vais de ce pas trouver mon aimable More, — et laisser mes fils furieux déflorer cette drôlesse.

Elle sort.
Entre Aaron, accompagné de Quintus et de Martius.

AARON.

— Venez, messeigneurs ; assurez le pied en marchant. — Je vais vous mener à l’affreuse fosse, — où j’ai découvert la panthère profondément endormie.


QUINTUS.

— Je ne sais ce que cela veut dire, mais j’ai les yeux appesantis.


MARTIUS.

— Et moi aussi, je vous le jure ; n’était une fausse honte, — je laisserais volontiers la chasse pour dormir un peu.

Il tombe dans le souterrain.

QUINTUS.

— Quoi ! es-tu tombé ? Quel est ce souterrain subtil — dont la bouche est couverte de ronces hérissées, — aux feuilles desquelles il y a des gouttes de sang nouvellement répandu, — aussi fraîches que la rosée du matin distillée sur les fleurs ? — Ce lieu me semble bien funeste… — Parle, frère, t’es-tu blessé dans ta chute ?


MARTIUS.

— Oh ! frère, je le suis du plus épouvantable spectacle — dont jamais le regard ait fait gémir le cœur.


AARON, à part.

— Maintenant je vais chercher le roi ; il les trouvera ici, — et fera la conjecture toute vraisemblable — que ce sont eux qui ont fait disparaître son frère.

Il sort.