Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/126

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Entrent Tamora, Titus Andronicus et Lucius.

TAMORA.

— Où est monseigneur le roi ?


SATURNINUS.

— Ici, Tamora, mais affligé d’une mortelle affliction.


TAMORA.

— Où est ton frère Bassianus ?


SATURNINUS.

— Tu fouilles ma blessure jusqu’au fond ; — le pauvre Bassianus est là assassiné.


TAMORA.

— J’apporte donc trop tard ce fatal écrit, — le plan de cette tragédie néfaste ; — et je m’étonne grandement qu’une face humaine puisse couvrir — d’aimables sourires une si meurtrière férocité.


SATURNINUS, lisant la lettre que lui tend Tamora.

— « Si nous ne réussissons pas à l’atteindre bellement, — cher chasseur (c’est de Bassanius que nous te parlons), — charge-toi de creuser la fosse pour lui ; — tu sais ce que nous voulons dire. Ta récompense, cherche-la, — sous les orties, au pied du sureau — qui ombrage l’ouverture du souterrain, — où nous sommes convenus d’ensevelir Bassianus. — Fais cela, et acquiers en nous des amis durables. » — Ô Tamora ! a-t-on jamais ouï chose pareille ! — Voici le souterrain, et voici le sureau… — Voyez, messieurs, si vous pouvez y trouver le chasseur — qui doit avoir assassiné ici Bassianus.


AARON, tirant le sac d’or qu’il a enfoui précédemment.

— Mon gracieux seigneur, voici le sac d’or.


SATURNINUS, à Titus.

— Deux de tes petits, cruels limiers de race sanguinaire, — ont ici ôté la vie à mon frère.

Aux gens de sa suite.