Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/127

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— Messieurs, traînez-les de cette fosse en prison ; — qu’ils y restent, jusqu’à ce que nous ayons imaginé — pour eux quelque torture inouïe.


TAMORA.

— Quoi ! ils sont dans ce souterrain ! Ô prodigieuse chose ! — Comme le meurtre est aisément découvert !


TITUS.

— Puissant empereur, sur mes faibles genoux, — j’implore une faveur, avec des larmes qui ne sont pas versées légèrement : — que ce crime odieux de mes fils maudits, — maudits, si ce crime est prouvé le leur…


SATURNINUS.

— S’il est prouvé ! vous voyez qu’il est évident… — Qui a trouvé cette lettre ? Tamora, est-ce vous ?


TAMORA.

— C’est Andronicus lui-même qui l’a ramassée.


TITUS.

— En effet, monseigneur. Pourtant permettez que je sois leur caution ; — car, par la tombe vénérable de mon père, je jure — qu’ils seront prêts, selon le bon plaisir de votre altesse, — à répondre sur leur tête du soupçon qui pèse sur eux.


SATURNINUS.

— Tu ne seras pas leur caution ; allons, suis-moi. — Que les uns se chargent du corps de l’assassiné, les autres, des assassins ; — qu’on ne leur laisse pas dire une parole ; leur culpabilité est manifeste ; — sur mon âme, s’il y avait une fin plus terrible que la mort, — cette fin leur serait infligée.


TAMORA.

— Andronicus, je supplierai le roi ; — ne crains pas pour tes fils, il ne leur arrivera pas malheur.


TITUS.

— Viens, Lucius, viens ; ne t’arrête pas à leur parler. —

Ils sortent par différents côtés.