Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/136

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TITUS.

— Oh ! gracieux empereur ! Oh ! généreux Aaron !… — Le corbeau a-t-il jamais eu le doux chant de l’alouette — annonçant le lever du soleil ?… — C’est de tout mon cœur que j’enverrai ma main à l’empereur. — Bon Aaron, veux-tu aider à la couper ?


LUCIUS.

— Arrête, mon père ; cette noble main, — qui a abattu tant d’ennemis, — ne sera pas envoyée ; la mienne fera l’affaire ; — ma jeunesse a plus de sang à perdre que vous, — et ce sera mon sang qui sauvera la vie de mes frères.


MARCUS.

— Quelle est celle de vos mains qui n’ait pas défendu Rome — et brandi la hache d’armes sanglante, — inscrivant la destruction sur le bastion de l’ennemi ? — Oh ! vos mains à tous deux sont hautement héroïques ; — la mienne n’a été qu’inutile ; qu’elle serve — de rançon à mes deux neveux, — et je l’aurai conservée pour un digne résultat.


AARON.

— Allons, décidez vite quelle est la main qui tombera, — de peur qu’ils ne meurent avant que le pardon n’arrive.


MARCUS.

— La mienne tombera.


LUCIUS.

Par le ciel, ce ne sera pas la vôtre !


TITUS.

— Mes maîtres, ne vous disputez plus ; des rameaux flétris comme ceux-ci — ne sont bons qu’à arracher ; ce sera donc la mienne.


LUCIUS.

— Cher père, si je dois être réputé ton fils, — laisse-moi racheter mes deux frères de la mort.