Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/137

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


MARCUS

— Au nom de notre père, par la tendresse de notre mère, — laisse-moi te prouver à présent mon fraternel amour.


TITUS.

— Décidez entre vous ; je veux bien sauver ma main.


LUCIUS.

— Eh bien ! je vais chercher la hache.


MARCUS.

— Mais la hache me servira.

Sortent Lucius et Marcus.

TITUS.

— Approche, Aaron ; je vais les tromper tous deux ; — prête-moi le secours de ta main, et je te livre la mienne.


AARON, à part.

— Si cela s’appelle tromper, je veux être honnête, — et ne jamais tromper les gens tant que je vivrai ; — mais moi, je vais vous tromper d’une autre façon, — et cela, vous le reconnaîtrez, avant que la demi-heure se passe.

Il coupe la main de Titus.
Entrent Lucius et Marcus.

TITUS.

— Maintenant, cessez votre discussion ; ce qui devait être, est exécuté… — Bon Aaron, donne ma main à l’empereur ; — dis-lui que c’est une main qui l’a préservé — de mille dangers ; prie-le de l’ensevelir ; — elle eût mérité mieux ; qu’elle ait du moins cela. — Quant à mes fils, dis-lui que je les tiens — pour des bijoux achetés à peu de frais, — et pourtant trop cher encore, puisque je n’ai fait que racheter mon bien.


AARON.

— Je pars, Andronicus ; et, en échange de ta main, — attends-toi à avoir tout à l’heure tes fils auprès de toi…