Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/156

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qui semble dire : vieux gaillard, je suis ton œuvre !… — Il est votre frère, seigneurs ; il est sensiblement nourri — de ce même sang qui vous a donné la vie ; — et c’est du ventre où vous fûtes emprisonnés — qu’il a été délivré pour venir au jour. — Au fait, il est votre frère, du côté le plus sûr, — quoique mon sceau soit imprimé sur sa face.


LA NOURRICE.

— Aaron, que dirai-je à l’impératrice ?


DÉMÉTRIUS.

— Décide, Aaron, ce qu’il faut faire, — et nous souscrirons tous à ta décision. — Sauve l’enfant, soit, pourvu que nous soyons tous sauvés.


AARON.

— Eh bien, asseyons-nous, et consultons ensemble… — Mon enfant et moi, nous nous mettrons au vent de vous ; — installez-vous là… Maintenant causons à loisir des moyens de vous sauver.


DÉMÉTRIUS.

— Combien de femmes ont vu cet enfant ?


AARON.

— À la bonne heure, braves seigneurs ! Quand nous sommes tous unis paisiblement, — je suis un agneau ; mais, si vous bravez le More, — le sanglier irrité, la lionne des montagnes, — l’Océan ont moins de courroux qu’Aaron de tempêtes ! — Mais revenons à la question : combien de personnes ont vu l’enfant ?


LA NOURRICE.

— Cornélie, la sage-femme, et moi ; — voilà tout, outre l’impératrice accouchée.


AARON.

— L’impératrice, la sage-femme, et toi. — Deux peuvent garder un secret, en l’absence d’un tiers. — Va trouver l’impératrice ; répète-lui ce que j’ai dit.

Il la poignarde.