Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/158

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AARON.

— Maintenant chez les Goths, aussi vite que vole l’hirondelle ! — Là je mettrai en sûreté le trésor que j’ai dans les bras, — et je m’aboucherai secrètement avec les amis de l’impératrice. — En avant, petit drôle aux lèvres épaisses, je vais vous emporter d’ici ; — car c’est vous qui nous obligez à tant de ruses ; — je vous ferai nourrir de fruits sauvages, de racines, — et régaler de caillebotte et de petit lait, je vous ferai téter la chèvre, — et loger dans une caverne ; et je vous élèverai — pour être un guerrier, et commander un camp.

Il sort.

SCÈNE IX

[Une place aux abords du palais.]
Entrent Titus, Marcus, le jeune Lucius, et autres seigneurs, portant des arcs. Titus porte les flèches, aux bouts desquelles sont attachées diverses inscriptions.

TITUS.

— Viens, Marcus, viens… Cousins, voici le chemin. — Mon petit monsieur, voyons votre talent d’archer : — ajustez bien, et ça y va tout droit… — Terras Astrœa reliquit… — Oui, rappelez-vous-le, Marcus, Astrée est partie, elle s’est enfuie… — Messire, munissez-vous de vos engins… Vous, cousins, vous irez — sonder l’Océan, et vous y jetterez vos filets ; — peut-être la trouverez-vous dans la mer ; — pourtant la justice n’est pas plus là que sur terre… — Non, Publius et Sempronius, c’est à vous de faire cela ; — il faudra que vous creusiez avec la pioche et la bêche, — et que vous perciez le centre le plus profond de la terre ; — alors, une fois arrivés au pays de Pluton, — présentez-lui, je vous prie, cette supplique ; — dites-lui qu’elle im-