Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/160

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— je plongerai dans le lac brûlant de l’abîme, — et par les talons j’arracherai la justice de l’Achéron… — Marcus, nous ne sommes que des arbrisseaux, nous ne sommes pas des cèdres, — ni des hommes à forte ossature, de la taille des Cyclopes ; — mais, Marcus, notre nature de fer est profondément trempée. — Pourtant les maux qui nous accablent sont trop lourds pour nos reins ; — et, puisque la justice n’est ni sur terre ni en enfer, — nous implorerons le ciel, et nous presserons les dieux — d’envoyer la justice ici-bas pour venger nos injures. — Allons, à la besogne ! Vous un bon archer, Marcus…

Il leur distribue les flèches, en lisant les inscriptions qu’elles portent.

Ad Jovem ! voilà pour vous… Ici, ad Apollinem !Ad Martem ! ça, c’est pour moi-même. — Tiens, enfant, à Pallas ! … Tenez, à Mercure ! — Tenez, Caius, à Saturne, mais pas à Saturninus ! — Autant vaudrait lancer votre flèche contre le vent… — Au but, enfant. Marcus, tirez quand je vous le dirai. — Sur ma parole, j’ai parfaitement tenu la plume ; — il n’y a pas un dieu qui n’ait sa requête.


MARCUS.

— Cousins, lancez toutes vos flèches dans la direction de la cour ; — nous allons mortifier l’empereur dans son orgueil.


TITUS.

— Maintenant, mes maîtres, tirez.

Ils lancent leurs flèches dans la direction du palais.

Oh ! à merveille, Lucius ! — Cher enfant, dans le sein de la Vierge ; envoie à Pallas.


MARCUS.

— Monseigneur, je vise à un mille au delà de la lune… — Votre lettre est arrivée à Jupiter en ce moment.


TITUS.

— Ha ! Publius, Publius ! qu’as-tu fait ? — Vois, vois, ta flèche a abattu une des cornes du Taureau.