Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/161

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MARCUS.

— C’était là le jeu, monseigneur. Dès que Publius a touché, — le Taureau, étant blessé, a donné à Ariès un tel coup — que les deux cornes du Bélier sont tombées au milieu de la cour, — et qui les a trouvées ? L’infâme mignon de l’impératrice ! — Elle a ri et a dit au More qu’il ne pouvait faire autrement — que de les donner en présent à son maître !


TITUS.

— Oui, ça va. Que Dieu accorde la joie à sa seigneurie !

Entre un paysan, avec un panier et une paire de pigeons.

— Des nouvelles, des nouvelles du ciel ! Marcus, la poste est arrivée ! — Maraud, quoi de nouveau ? as-tu des lettres ? — Obtiendrai-je justice ? Que dit l’omnipotent Jupiter ? —


LE PAYSAN.

Oh ! le dresseur de potence ! Il dit qu’il l’a démontée, parce que l’homme ne doit être pendu que la semaine prochaine.


TITUS.

Mais que dit Jupiter, je te demande ?


LE PAYSAN.

Las ! monsieur, je ne connais pas Jupiter ; jamais de ma vie je n’ai bu avec lui.


TITUS.

Ah ça, drôle, n’es-tu pas le porteur…


LE PAYSAN.

Oui, de mes pigeons, monsieur, voilà tout.


TITUS.

Ah çà, tu n’es donc pas venu du ciel ?


LE PAYSAN.

Du ciel ! Las ! monsieur, je n’ai jamais été là ; à Dieu ne