Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/163

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voir… — Tiens, Marcus, enveloppe-le dans la requête ; — car tu l’as rédigée comme un bien humble suppliant… — Et toi, quand tu l’auras remise à l’empereur, — frappe à ma porte, et rapporte-moi ce qu’il aura dit.

Il sort.

LE PAYSAN.

Dieu soit avec vous, monsieur ! J’y vais.


TITUS.

— Allons, Marcus, partons… Publius, suis-moi.

Ils sortent.

SCÈNE X

[La cour du palais.]
Entrent Saturninus, Tamora, Chiron, Démétrius, seigneurs et autres ; Saturninus a dans la main les flèches lancées par Titus.

SATURNINUS

— Eh bien, seigneurs, sont-ce là des outrages ? A-t-on jamais vu — un empereur de Rome ainsi obsédé, — molesté, bravé, et, pour avoir déployé — une stricte justice, traité avec un tel mépris ? — Vous le savez, messeigneurs, comme le savent les dieux puissants, — quelques rumeurs que ces perturbateurs de notre repos — chuchotent à l’oreille du peuple, il ne s’est rien fait — sans la sanction de la loi, contre les fils insolents — du vieil Andronicus. Et, sous prétexte — que ses chagrins ont ainsi étouffé sa raison, — serons-nous ainsi persécutés de ses ressentiments, — de ses accès, de ses frénésies et de son amertume ? — Le voilà maintenant qui écrit au ciel pour le redressement de ses griefs ! — Regardez, voilà pour Jupiter, et voici pour Mercure ; — voici pour Apollon ; voici pour le dieu de la guerre. — Missives bien douces à voir voler dans les rues de Rome ! — Qu’est-ce que tout cela, sinon diffamer le sénat, — et décrier partout notre injustice ? — Une excellente plaisanterie,