Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/182

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PREMIER GOTH.

— Et ton contentement fait le nôtre, quoi qu’il arrive.


LUCIUS.

— Bon oncle, mettez en lieu sûr ce More barbare, — ce tigre vorace, ce maudit démon ; — qu’il ne reçoive aucune nourriture, et enchaînez-le, — jusqu’à ce qu’il soit confronté avec l’impératrice, — pour attester les forfaits de cette criminelle ; — et postez en embuscade bon nombre de nos amis ; — l’empereur, je le crains, ne nous veut pas de bien.


AARON.

— Puisse quelque démon murmurer des imprécations à mon oreille — et me souffler, en sorte que ma langue puisse exhaler — le venin de haine dont mon cœur est gonflé !


LUCIUS.

— Hors d’ici, chien inhumain ! misérable impie ! — Mes maîtres, aidez mon oncle à l’emmener.

Les Goths sortent emmenant Aaron. Fanfare.

— Les trompettes annoncent que l’empereur est proche.

Nouvelle fanfare. Entrent Saturninus, Tamora, les tribuns et autres.

SATURNINUS.

— Eh quoi ! le firmament a-t-il plus d’un soleil ?


LUCIUS.

— Tu te donnes pour un soleil ! À quoi bon ?


MARCUS.

— Empereur de Rome, et vous, neveu, entamez le pourparler. — Cette querelle doit être paisiblement débattue. — Il est prêt, le festin que l’attentif Titus — a ordonné dans une honorable intention, — pour la paix, pour l’amour, pour l’union, pour le bonheur de Rome. — Veuillez donc avancer et prendre vos places.


SATURNINUS.

Volontiers, Marcus.