Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/183

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Hautbois. Les convives prennent place. Entrent Titus, habillé en cuisinier, Lavinia, voilée, le jeune Lucius et d’autres. Titus pose un plat sur la table.

TITUS.

— Salut, mon gracieux seigneur ; salut, reine redoutée ! — Salut, Goths belliqueux ; salut, Lucius ; — salut, tous !… Si pauvre que soit la chère, — elle rassasiera vos appétits ; veuillez manger.


SATURNINUS.

— Pourquoi t’es-tu ainsi vêtu, Andronicus ?


TITUS.

— Pour m’assurer par moi-même que rien ne manque — pour fêter dignement votre altesse et votre impératrice.


TAMORA.

— Nous vous en sommes reconnaissants, bon Andronicus.


TITUS.

— Si votre altesse connaissait mon cœur, vous le seriez en effet. — Monseigneur l’empereur, résolvez-moi ceci : — l’impétueux Virginius a-t-il bien fait — de tuer sa fille de sa propre main, — parce qu’elle avait été violée, souillée et déflorée (10) ?


SATURNINUS.

— Il a bien fait, Andronicus.


TITUS.

Votre raison, puissant seigneur ?


SATURNINUS.

— Parce que sa fille ne devait pas survivre à sa honte, — et renouveler sans cesse par sa présence les douleurs de Virginius.


TITUS.

— Voilà une raison puissante, forte et décisive. — Un tel exemple, un tel précédent, est une vivante exhortation