Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/184

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

— pour moi, le plus misérable des hommes, à agir de même. — Meurs, meurs, Lavinia, et ta honte avec toi, — et avec ta honte la douleur de ton père !

Il tue Lavinia.

SATURNINUS.

— Qu’as-tu fait, père dénaturé et inhumain ?


TITUS.

— J’ai tué celle qui m’a aveuglé de mes larmes ; — je suis aussi malheureux que Virginius ; — et j’ai mille raisons de plus que lui — pour consommer cet acte de violence ; et maintenant le voilà consommé.


SATURNINUS.

— Quoi ! est-ce qu’elle a été violée ? dis-nous qui a commis cet acte.


TITUS.

— Daignez manger ! Votre altesse daignera t-elle prendre de la nourriture ?


TAMORA.

— Pourquoi as-tu tué ainsi ta fille unique ?


TITUS.

— Ce n’est pas moi qui l’ai frappée, c’est Chiron et Démétrius ; — ils l’ont violée, ils lui ont coupé la langue ; — ce sont eux, ce sont eux qui lui ont causé tous ces maux.


SATURNINUS.

— Qu’on aille les chercher immédiatement.


TITUS.

— Eh ! ils sont là tous deux, rôtis dans ce pâté, — dont leur mère s’est si bien régalée, — mangeant ainsi la chair qu’elle-même a engendrée. — C’est la vérité, c’est la vérité ; j’en atteste la pointe affilée de ce couteau.

Il tue Tamora.

SATURNINUS

— Meurs, frénétique misérable, pour cette maudite action.

Il tue Titus.