Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/204

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LE GENTLEMAN.

J’espère bien aussi que tu n’en finiras pas.

Ils se battent de nouveau.

LE MARI.

— Ah ! vous avez des ruses de guerre ? Vous employez des feintes avec moi !


LE GENTLEMAN.

Non, je frappe droit et juste. — Il n’a que faire des feintes celui qui se bat pour la vérité.

Le mari tombe à terre.

LE MARI.

— Fortune ennemie ! suis-je donc au niveau de la poussière ?


LE GENTLEMAN.

— Vous voilà tombé, monsieur, à ma merci !


LE MARI.

Oui, misérable !


LE GENTLEMAN.

— Hélas ! pourquoi faut-il que la haine nous traîne ainsi au bord du tombeau ! — Vous voyez, mon épée n’a pas soif de votre vie. — Je suis plus affligé de votre blessure que vous-même. — Vous êtes de vertueuse maison, menez une vie vertueuse ; — ce n’est pas votre honneur, c’est votre folie qui saigne. — On attendait beaucoup de bien de votre existence : — ne brisez pas toutes les espérances. Vous avez une femme — bonne et obéissante : n’amoncelez pas la honte et la ruine — sur elle et sur votre postérité. Que le péché vous fasse seul souffrir, — et relevez-vous de cette chute pour ne plus jamais déchoir. — Et maintenant je vous laisse.

Il sort.

LE MARI.

Eh quoi ! le chien m’a lâché — après m’avoir laissé sa morsure ! Oh ! mon cœur — voudrait bondir après lui ; ma