Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/206

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fortune croulante. Ce sera le moyen, j’espère, — d’établir une nouvelle union entre nous, et de dégager — ses vertus en même temps que ses terres.


LE SERVITEUR.

J’aime à le croire, madame ; si, après cela, votre mari n’était pas bon envers vous, s’il ne vous aimait pas, s’il ne vous rendait pas toutes ses tendresses, je croirais que le diable en personne tient en lui maison ouverte.


LA FEMME.

Je n’en doute pas maintenant. Laisse-moi, je t’en prie. Je l’entends, je crois, qui vient.


LE SERVITEUR.

Je me retire.

Il sort.

LA FEMME.

— Par cet heureux moyen, je vais garder mes terres, — et délivrer mon mari des mains des usuriers. — Maintenant il n’est plus besoin de rien vendre. Comme mon oncle est bon ! — J’espère que, si quelque chose peut contenter mon mari, c’est bien cela. — Le voici.

Entre le mari.

LE MARI.

Ah ! vous êtes de retour ! où est l’argent ? Voyons l’argent. Avez-vous vendu votre tas de poussière, vos stupides terres ? Eh bien donc, l’argent ! où est-il ? Versez-le ! à bas ! à bas ! Versez-le par terre, vous dis-je. Voyons ! voyons !


LA FEMME.

Mon bon seigneur, un peu de patience seulement, et j’espère que mes paroles vous satisferont. Je vous apporte une meilleure ressource que la vente de mon douaire.


LE MARI.

Ha ! qu’est-ce ?