Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/209

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SCÈNE IV

[Un salon.]
Entrent le mari et le maître de collège.

LE MARI.

Veuillez approcher, monsieur, vous êtes excessivement bien venu.


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

Ceci est un doute pour moi. Je crains d’être venu pour ne pas être bien venu.


LE MARI.

Si fait, dans tous les cas.


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

Ce n’est pas ma façon, monsieur, de me perdre en longues périphrases ; je suis franc et expéditif : ainsi donc, au fait. Le motif de ma démarche est douloureux et lamentable : votre frère, ce jeune homme plein d’avenir, dont nous aimons tous tendrement les vertus, est resté, par votre faute et par votre négligence dénaturée, sous le coup d’un engagement contracté pour vous. Il est en prison. Toutes ses études sont Foudroyées ; son avenir est frappé à mort, et l’éclat de sa jeunesse est perdu dans les nuées sombres de l’oppression.


LE MARI.

Humph ! humph ! humph !


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

Oh ! vous avez tué l’espoir le plus précoce de toute notre Université. Aussi, si vous ne vous repentez pas, si vous ne réparez pas tout, attendez-vous à ce qu’un jugement formidable et soudain vous accable. Votre frère, un homme si versé déjà dans les sciences sacrées et qui aurait pu rendre dix mille âmes bonnes pour le ciel, est maintenant jeté en