Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/210

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prison par vos désordres ! Vous répondrez de tout cela ; préparez votre âme à en rendre compte un jour.


LE MARI.

Ô Dieu ! oh !


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

Les hommes sages pensent du mal de vous ; les autres en disent. Personne ne vous aime. Non, même ceux que l’honnêteté condamne, vous condamnent. Je vous parle ici au nom de l’affection vertueuse que je porte à votre frère, n’espérez jamais avoir une heure prospère, une bonne conscience, un sommeil tranquille, une promenade agréable, non, rien de ce qui fait l’homme heureux, tant que vous n’aurez pas racheté votre frère. Quelle est votre réponse ? que lui réservez-vous ? Une désespérante misère ou un meilleur avenir ? Je souffre jusqu’à ce que je sache votre réponse.


LE MARI.

Monsieur, vous m’avez fait beaucoup d’impression ; vous m’émouvez jusqu’au fond de mon âme ; vous êtes maître dans votre art. Je n’ai jamais eu de sensibilité jusqu’ici ; vos syllabes m’ont fendu le cœur ; merci de vos paroles et de vos peines ! Je ne puis que reconnaître les torts cruels que j’ai eus envers mon frère. Torts graves ! graves ! graves !… Holà ! quelqu’un !

Entre un domestique.

Remplissez-moi un bol de vin.

Sort le domestique.

Hélas ! mon pauvre frère meurtri pour moi par une exécution !


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

Une meurtrissure pareille fait souvent une plaie mortelle que la tombe seule guérit.

Le domestique apporte du vin.