Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/214

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SCÈNE V

[Une chambre à coucher.]
Entre une servante avec un enfant dans ses bras ; elle s’approche de la mère endormie.

LA SERVANTE.

— Dors, doux bébé. L’affliction fait dormir ta mère. — Ce n’est guère d’un bon augure quand l’accablement est si profond. — Chut ! joli enfant ! Ton avenir eût pu être meilleur ; — mais ce que l’antique honneur avait gagné a été dissipé aux dés. — Quelle détresse quand le père joue et perd ainsi son enfant ! — Il n’y a plus au service de cette maison que la misère, — la ruine et la désolation. Oh !

Entre le mari avec son fils aîné en sang.

LE MARI.

Putain, donne-moi cet enfant.

Il se bat avec la servante pour avoir l’enfant.

LA SERVANTE.

— Au secours ! au secours ! miséricorde ! au meurtre ! au meurtre !


LE MARI.

— Ah ! vous pérorez, vous bavardez, insolente gouine ! — je vais rompre votre caquet avec votre cou. En bas de l’escalier ! — dégringolez dégringolez ! à la renverse ! c’est ça !

Il la jette dans l’escalier.

— Ainsi le plus sur moyen de charmer la langue d’une femme, — c’est de lui briser le cou. C’est ce qu’a fait un grand politique.


LE PETIT ENFANT.

Mère ! mère ! je suis tué, mère !