Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/215

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LA FEMME, s’éveillant.

Ha ! qui a crié ?

Elle saisit l’enfant dans ses bras.

Ô mon Dieu ! mes enfants, — tous les deux, tous les deux, en sang, en sang !


LE MARI.

Lâche cet enfant, catin, lâche ce mendiant.


LA FEMME.

Ô mon bien-aimé mari !


LE MARI.

Carogne, gourgandine !


LA FEMME.

Oh ! que voulez-vous faire, cher mari ?


LE MARI.

Donne-moi ce bâtard.


LA FEMME.

Votre cher enfant ! le vôtre !


LE MARI.

Il y a trop de mendiants.


LA FEMME.

Mon bon mari !


LE MARI.

Vas-tu me résister encore ?


LA FEMME.

Ô Dieu !


LE MARI.

Droit au cœur !

Il poignarde l’enfant dans les bras de sa femme et le lui arrache.

LA FEMME.

Oh ! mon enfant chéri !


LE MAR1.

— Marmot, tu ne vivras pas pour le déshonneur de la maison.

La femme, en essayant de reprendre son enfant, est blessée et tombe à terre.