Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/218

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déchiré la chair de son éperon sanguinaire. — Un homme jusqu’ici de constitution si délicate ! — Maintenant il puise sa vigueur dans l’enfer, au détriment de son âme. — Oh ! comme la damnation peut rendre forts les hommes faibles !

Entrent le maître de collège et deux valets.

PREMIER VALET.

— Oh ! monsieur, depuis que vous êtes venu, quelle lamentable action !


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

— Funèbre bienvenue ! Voilà donc ce qu’il a accumulé — pour satisfaire son frère ! Un autre ici, — et, à côté des enfants ensanglantés, la mère morte !


LA FEMME.

Oh ! oh !


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

— Des chirurgiens ! des chirurgiens ! Elle revient à la vie ! — Eh quoi ! un de ses gens évanoui et en sang !


LE SERVITEUR.

— Courez… Notre maître, l’assassin, est parti à cheval — pour tuer son enfant en nourrice… Oh ! courez vite !


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

— Je suis le plus dispos ! je me charge — de mettre toute la ville à ses trousses.


LE SERVITEUR.

Courez, mon bon monsieur.

Le maître de collège et les valets sortent.

LA FEMME.

— Oh ! mes enfants !


LE SERVITEUR.

Comment se trouve ma maîtresse accablée ?


LA FEMME.

— Pourquoi reviens-je à moi ? Pourquoi existé-je à demi, — si c’est pour voir mes enfants saigner sons mes yeux ?