Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/219

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— Spectacle capable de tuer une mère sans — qu’il soit besoin de bourreau !… Quoi, es-tu mutilé, toi aussi ?


LE SERVITEUR.

— Pensant empêcher les crimes — qu’il a si vite commis, je suis entré et me suis jeté sur lui. — Nous nous sommes battus ; mais une force plus ténébreuse que la sienne — m’a renversé par son bras. Alors il m’a écrasé, — il m’a déchiré la chair et arraché les cheveux, — comme un homme affolé de torture, — et il m’a rendu tout à fait incapable de me lever et de le suivre.


LA FEMME.

— Qu’est-ce donc qui l’a dépouillé ainsi de toute grâce — et a ravi l’humanité de sa poitrine, — pour qu’il égorge ainsi ses enfants, essaie de tuer sa femme — et blesse ses serviteurs ?

Entre un valet.

LE VALET.

— Voulez-vous, madame, quitter cette place maudite ? — Un chirurgien attend à côté.


LA FEMME.

Si je veux la quitter ? elle est souillée d’un sang si doux, du sang innocent. — Le meurtre a pris cette chambre de force, — et n’en sortira pas tant que la maison sera debout.

Ils sortent.

SCÈNE VIII

[Une grande route près de la ville.]
Entre le mari comme un homme qui vient d’être renversé de cheval. Il s’affaisse.

LE MARI.

— Oh ! que l’éparvin t’atteigne, rosse, pour ce faux pas !