Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/220

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— Que les cinquante maladies t’étouffent ! — Oh ! je suis cruellement meurtri !… Que la peste te confonde ! — Tu courais à l’aise et à plaisir, et, fatale chance ! — voilà que tu me jettes, à une portée de pierre de la ville, — sur un terrain aussi plat ! si plat, morbleu, qu’un homme pourrait jouer aux dés dessus et y perdre toutes les prairies du monde !… Ah ! sale bête !

Cris, dans l’intérieur.

Sus ! sus ! sus !


LE MARI.

— Ha ! j’entends des voix d’hommes, comme des huées et des cris. — Debout ! debout ! traînons-nous jusqu’à mon cheval, et décampons. Dépêchons ce petit mendiant, et tout sera fini.

Cris, dans l’intérieur.

Par ici ! par ici !


LE MARI.

Sur mon dos ! Oh ! — quelle fatalité ai-je donc ? Mes jambes refusent d’aller, — ma volonté est abattue. Et la misère qui réclame sa part ! — Oh ! si je pouvais atteindre d’ici au cœur de l’enfant !

Entrent le maître de collège, trois gentlemen et d’autres personnages portant des hallebardes.

TOUS.

Ici ! ici ! le voilà ! le voilà !


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

— Homme de pierre, dénaturé, plus que barbare ! Les Scythes, ces destins au cœur de marbre, — n’auraient pu, dans leur nature impitoyable, — commettre des actes plus atroces que les tiens. — Était-ce là la réponse si longtemps attendue par moi, — la satisfaction que tu réservais à ton frère prisonnier ?