Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/221

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LE MARI.

— Il ne peut avoir de nous rien de plus que nos peaux ; — et plusieurs d’entre elles n’ont plus besoin que d’être épucées.


PREMIER GENTLEMAN.

— Le crime l’a rendu impudent.


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

— Il a versé tant de sang qu’il ne peut plus rougir.


DEUXIÈME GENTLEMAN.

— Emmenons-le et livrons-le au magistrat. — Un gentilhomme justicier demeure à côté. — Là, la lumière sera faite sur ses actes.


LE MARI.

Eh bien, tant mieux. — Je mets ma gloire à faire connaître mes actions. — Je ne regrette rien, que d’en avoir manqué une.


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

— Il n’y a plus rien d’un père dans ce regret. — Emmenons-le.

Ils sortent.

SCÈNE IX

[Une salle de justice.]
Entre un chevalier avec deux ou trois gentlemen.

LE CHEVALIER.

Mis en danger sa femme ! assassiné ses enfants !


PREMIER GENTLEMAN.

— C’est ce que dit le cri public.


LE CHEVALIER.

Je suis fâché de l’avoir jamais connu. — Se peut-il que cet homme tire une existence légitime — d’une souche si honorable, d’une noble race, — pure de toute tache et de toute souillure jusqu’à cette sombre minute !