Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/242

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ARCITE.

Notre oncle Créon.


PALÊMON.

Lui, — le plus effréné tyran, lui, dont les succès — empêchent de craindre le ciel en persuadant à la scélératesse — qu’il n’y a rien au delà de son pouvoir ! lui qui donne presque — la fièvre à la foi, et qui déifie seule — la versatile fortune ! lui qui dévoue exclusivement — les facultés de tous les êtres agissants — à ses caprices et à ses actes ! lui qui exige pour lui-même le service des hommes — et, ce qu’ils y gagnent, le butin et la gloire ! — lui qui ne craint pas de faire le mal et qui recule devant le bien ! Oh ! — qu’on fasse sucer par des sangsues tout le sang de mes veines — qui est parent du sien, et puissent-elles se détacher et tomber loin de moi — avec cette corruption !


ARCITE.

Cousin, âme pure, — quittons sa cour, afin de ne participer en rien — à son infamie criante ! Car le lait — doit se ressentir du pâturage, et il nous faudrait être — ou rebelles ou vils, et non plus seulement ses cousins par le sang, — mais par le caractère.


PALÉMON.

Rien de plus vrai ! — J’imagine que les échos de ses forfaits ont assourdi — les oreilles de la justice céleste : les cris des veuves — leur redescendent à la gorge, sans obtenir — des dieux l’audience qui leur est due… Valérius !

Valérius entre.

VALÉRIUS.

— Le roi vous appelle ; pourtant ayez des pieds de plomb — jusqu’à ce que l’excès de sa rage soit passé ! La colère de Phébus, — quand il cessa son fouet et s’indigna