Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/243

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contre — les chevaux du soleil, n’était qu’un murmure à côté — de cette éclatante furie.


PALÈMON.

Le moindre vent l’agite : — mais qu’y a-t-il ?


VALÉRIUS.

— Thésée, dont la menace seule épouvante, lui a envoyé — un défi mortel, en jurant — la ruine de Thèbes : il s’avance pour sceller — l’engagement de son courroux.


ARCITE.

Qu’il approche ! — Si nous ne redoutions pas en lui les dieux même, il ne nous causerait pas — la moindre terreur ; mais quel homme — peut garder seulement le tiers de sa propre valeur dans un cas comme le nôtre, — quand la lie de son action est la certitude — qu’il a tort ?


PALÉMON.

Laissons là ce. raisonnement ! — C’est à Thèbes que sont dus maintenant nos services. non à Créon. — Aussi bien, il y aurait déshonneur à être neutre dans sa cause, — rébellion à le combattre : nous devons donc — nous tenir à ses côtés, à la merci de notre destinée — qui a fixé notre dernière minute.


ARCITE.

Oui, nous le devons. — Dit-on que la guerre est déclarée ? ou qu’elle le sera, — au refus de certaines conditions ?


VALÉRIUS.

Elle est commencée ; — la nouvelle publique en est arrivée — avec le porteur même du défi.


PALÈMON.

— Allons trouver le roi ! S’il avait seulement — le quart de cet honneur — dans lequel marche son ennemi, le sang qui est risqué par nous — le serait pour notre bien ; loin d’être versé en pure perte, — il serait l’enjeu d’un trésor.