Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/247

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lette même la plus négligée, je les suivais. — pour mes plus sérieuses parures. Si mon oreille — avait saisi à la dérobée quelque air nouveau et si je le murmurais au hasard — d’une contrefaçon musicale, eh bien, c’était un refrain — auquel sa pensée s’arrêtait, se fixait — pour le fredonner jusque dans son sommeil. De ce récit, — que tous les innocents connaissent bien et qui intervient ici — comme un bâtard de l’antique Gravité, voici la conclusion, — c’est que la véritable affection entre jeune fille et jeune fille peut être — plus forte qu’entre personnes du sexe différent.


HIPPOLYTE.

Vous êtes hors d’haleine ; — et toute cette volubilité si rapide est seulement pour déclarer — que, comme la jeune Flavina, vous n’aimerez — jamais quiconque porte le nom d’homme.


ÉMILIE.

— Je suis bien sûre que non.


HIPPOLYTE.

Hélas ! ma faible sœur, — tout en reconnaissant que tu te crois toi-même, — je ne puis te croire sur ce point, — pas plus que je ne pourrais me fier a un appétit morbide — ayant de la répugnance pour cela même qu’il réclame. Mais assurément, ma sœur, — si j’étais d’âge à me laisser persuader par vous, vous — en auriez dit assez pour m’arracher des bras — du noble Thésée. Je vais rentrer — prier pour ses succès, fermement assurée — que c’est moi, plutôt que son Pirithoüs, qui occupe — le trône suprême dans son cœur.


ÉMILIE.

Je ne suis pas — contre votre croyance ; mais je garde la mienne.

Elles sortent.