Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/250

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teindre — sans bien des sacrifices, sans bien des défaillances de volonté, — sans bien des efforts de raison… Pour l’amour de moi, — au nom du grand Apollon, que nos meilleurs médecins — déploient leur plus profonde science ! Entrons dans la ville ; — puis, quand nous aurons groupé tout ce qui est dispersé, nous volerons à Athènes — en avant de notre armée.

Fanfare. Ils sortent.

SCÈNE V

[Une plaine près de Thèbes.]
Entrent les trois reines, avec les cercueils de leurs royaux chevaliers, en solennité funèbre.
CHANT.

Apportez les urnes et les parfums.
Soupirs, vapeurs, assombrissez le jour.
Que notre tristesse semble plus sépulcrale que le sépulcre !
Baumes et résines, cris de désolation,
Fioles sacrées remplies de larmes,
Clameurs volant dans l’air effaré,
Prodiguez-vous, signes de deuil solennel,
Qui êtes les ennemis du plaisir à l’œil vif !
Nous ne convoquons ici que les douleurs.


TROISIÈME REINE.

— Ce chemin funèbre mène à votre tombeau de famille : — Puisse la joie vous être rendue !… Que la paix dorme avec lui !


DEUXIÈME REINE.

— Votre tombeau de famille est de ce côté !


PREMIÈRE REINE.

— De celui-ci est le vôtre. Les cieux nous prêtent — mille chemins différents pour un même but inéluctable.