Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/251

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TROISIÈME REINE.

— Ce monde est une cité pleine de rues divergentes ; — et la mort est la place publique où chacune se rencontre.

Elles sortent par divers côtés.

ACTE II

SCÈNE I

[Athènes Un jardin que domine la fenêtre d’une prison.]
Entrent le geôlier et le galant.

LE GEÔLIER.

Je ne puis me déposséder que de peu, ma vie durant ; pourtant je pourrai vous céder quelque chose ; pas beaucoup. Hélas ! la prison que je garde a beau être destinée aux grands, il est rare qu’il en vienne. Pour un saumon vous prendrez nombre de goujons. Je passe pour avoir les poches bien garnies, mais il ne me paraît guère que la renommée dise vrai ; je voudrais être réellement ce que je suis censé être ! Au surplus, tout mon avoir, quel qu’il soit, je l’assurerai à ma fille au jour de ma mort.


LE GALANT.

Monsieur, je ne demande rien de plus que ce que vous offrez ; et je constituerai à votre fille l’avantage que je lui ai promis.


LE GEÔLIER.

Bon. Nous en causerons quand les fêtes seront passées. Mais avez-vous la promesse formelle de ma fille ? Quand ça sera fait, je donne mon consentement.


LE GALANT.

Je l’ai, monsieur.